Prix d’une Huile Essentielle

Une rapide recherche sur internet pour une HE (Huile Essentielle) prise au hasard, la Lavande officinale, permet de se rendre compte de la problématique, le choix va de CHF 2. les 10ml pour les moins chers et jusqu’à CHF 40. pour les plus chers…

Quelle est la différence entre ces huiles ?

Tout d’abord on peut facilement tirer deux constantes :

  • Un prix bas sera très probablement un produit de basse qualité (nous verrons pourquoi)
  • Un prix haut ne garantie pas un produit de qualité, la différence de prix peut uniquement être basée sur la publicité et le marketing.

Comment s’y retrouver ?

Voici comment comprendre en simplifiant au maximum le juste prix de ce que vous payez :

Pour suivre notre exemple de la Lavande officinale, partons du début de l’histoire.

Un producteur va sur une surface de 1Ha planter environ 10000 plants, cette culture est pérenne pour environ 8 ans (sans mauvaises surprises ce qui devient rare : météo, maladie…), la première année il n’y aura pas de récolte.
On admet que les charges d’exploitation sont d’environ 2000.- / an, cela comprend l’achat des plants, la préparation du sol, l’entretien des plants (désherbage manuel, soins), la cueillette, assurances, amortissement… L’entretien de la parcelle demandera environ 40 heures de travail annuel au minimum avec mécanisation.

Cette culture (environ 10000 plants) donnera approximativement 5000kg de matière fraiche qui peuvent être distillées, la production d’Huile Essentielle sera d’environ 25 litres les bonnes années.

En ajoutant le coût de distillation et commercialisation (alambic, chauffage alambic, conditionnement, frais de vente…), on arrive à estimer que le coût de production d’un flacon de 10ml d’environ 4.-

Ce coût de production ne comprend pas le salaire du producteur, ni le coût de son assurance, ni le risque de production, en les intégrant on arrive minimum à un coût de production minimum de CHF 8.- les 10 ml.

Le juste prix de 10ml, une fois intégré le circuit de vente direct producteur devrait se trouver environ à 15 à 20 CHF, ce qui laisse une marge correcte pour un revendeur.

Le marché prend aussi compte des aléas climatiques, ce prix en cas de mauvaise saison peut facilement monter ou à l’inverse baisser.

En herboristerie nous recherchons une information subtile, ce qui implique qu’en plus de la plante et de ses constituants, nous cherchons surtout l’histoire qu’elle va nous raconter et le lieu dans lequel elle pousse va faire partie de son histoire et de son potentiel thérapeutique.

A mon avis il faut privilégier des producteurs ayant de petites unités de culture (quelques milliers de m2 au maximum) ou des production provenant de la cueillette de plantes sauvages, pour des HE de qualité.

Bien entendu un producteur en cueillette sauvage ne récoltera pas des milliers de kilos de matière fraiche (mais plutôt de l’ordre de 300kg pour le même temps de travail que les 2500kg en culture intensive).
Produite dans ces conditions optimales une HE exceptionnelle peut justifier un prix de CHF30 les 10ml, ces huiles sont rares dans le commerce, visez les producteurs en direct, vosu les rencontrerez sur un marché et généralement les HE qu’il proposera seront limitées et locales par rapport à son implantation.

La commercialisation d’hydrolat permet d’augmenter sensiblement les revenus des producteurs, mais dans le cas de notre producteur il limitera sa production à 1 kg d’hydrolat pour 1 kg de plante fraiche distillée pour produire un hydrolat de qualité (cela fera l’objet d’un autre article).

Alors comment expliquer un prix de vente d’une HE trop bas ?

Les moyens de baisser le prix de vente (mais d’avoir de meilleures marges pour les gros producteurs) est multiple :
– Culture intensive
– Usage d’engrais, désherbant
– Mondialisation
– Mécanisation de la cueillette
– Autres méthodes de distillation industrielle (solvant, au CO2 supercritique…)

Voila pourquoi un prix bas vous assure d’avoir une huile essentielle qui n’est pas propre à un usage herboriste et encourage un système qui participe à la destruction de nos ressources.

Un prix haut ne garantie pas plus un produit de garantie, l’emballage ne fait pas tout, ni la marque…

Je vous invite à aller à la rencontre des producteurs, chez eux ou sur les marchés, discutez avec eux et vous saurez si la personne en face de vous est un producteur ou un revendeur.

Valériane
Author: Valériane

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